Des centaines de salariés de l’Office national des forêts (ONF) ont défilé mardi (19/06) dans plusieurs villes de France, à Besançon, Toulouse, Alençon et Chambéry (Savoie), pour dénoncer « le sacrifice des forêts » découlant du « délabrement » de leur service.
Environ 400 employés de l’ONF ont défilé à Besançon. Les forestiers ont traversé une partie de la ville jusqu’à la préfecture de région, où une délégation a été reçue, a précisé la préfecture. A Toulouse, ils étaient une centaine, venus des régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Limousin et Auvergne, à manifester en uniforme à l’appel de l’intersyndicale, dont le Snaf-Unsa-Forêts et le Snupfen-Solidaires.
A Toulouse, les manifestants se sont d’abord réunis devant le bâtiment de l’ONF, sous une grande bâche barrée des mots « Quelle forêt pour nos enfants? » « Nous sommes inquiets de l’avenir du service public forestier, marqué par une dégradation latente mais sûre de l’ONF depuis une vingtaine d’années, avec une accélération depuis 2002″, a déclaré à l’AFP le délégué départemental Snupfen des Pyrénées-Atlantiques, Ramuntcho Tellechea.
« On gère 27% de la surface de forêts en métropole, soit 4,3 millions d’hectares, et on produit 50% du volume de bois produit en France », a-t-il précisé, en déplorant la « dégradation » des conditions de travail qui ont mené à plusieurs suicides. Les manifestants devaient ensuite se rendre à la préfecture derrière des panneaux défendant leur mission: « Forêt sans forestiers = forêt dilapidée », « La forêt est un bien commun. Sauvons-la ». « Nous demandons au nouveau gouvernement de renoncer aux 700 suppressions de postes programmées par la précédente majorité entre 2011 et 2016″, a de son côté expliqué à un correspondant de l’AFP à Alençon, Dominique Launay, garde forestier et secrétaire du syndicat Snupfen Basse-Normandie.
Selon lui, l’ONF compte aujourd’hui 6.000 fonctionnaires et 4.000 ouvriers forestiers. « Nos effectifs ont déjà baissé de 10% en 10 ans« , a-t-il regretté.
« La priorité est donnée à la production de bois et on n’arrive plus à remplir nos autres missions de service public. La forêt a aussi une fonction écologique et une fonction sociale d’accueil du public », a affirmé M. Launay. « On voudrait qu’on ne parle de l’ONF que quand il y a des suicides », a-t-il ajouté.
A Chambéry, une délégation a été reçue par le directeur de cabinet d’Hervé Gaymard, président du conseil général de Savoie et président du conseil d’administration de l’ONF.
« On peut avoir un bilan positif de cette journée. On espère qu’à force, on sera entendu », a commenté M. de Yparraguirre.
Six suicides avaient été recensés entre juin et novembre 2011, portant à 25 leur nombre depuis 2005 en sein de l’établissement public.
Source : AFP du 19/06/2012



