Conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

28 mars 2011
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Le 26 avril 1986, suite à une série d’erreurs humaines, le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl explosait. Les deux explosions successives, ainsi que l’incendie qui s’en est suivi et qui s’est prolongé pendant dix jours, ont projeté dans l’atmosphère une énorme quantité d’éléments radioactifs.

 

Ces derniers se sont répandus sur une zone très étendue, touchant principalement la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie, mais également dans une moindre mesure treize pays européens et d’une manière encore plus dispersée l’ensemble de l’hémisphère Nord. Les deux principaux (mais non les seuls) éléments en cause sont l’iode 131 à durée de vie courte et qui se fixe sur la glande thyroïde, et le césium 137 dont on considère que l’effet ne se sera estompé notablement que d’ici 300 ans.
Outre la zone d’exclusion de trente kilomètres délimitée autour de la centrale et totalement interdite, 55 000 km2, dont 25 000 de forêts, ont été contaminés par le Césium 137 en Ukraine, soit 4,8 % du territoire, abritant environ deux millions de personnes.
En Russie, ce sont 50 000 km2 et 1,5 million de personnes qui sont concernés

En Biélorussie, 2,1 millions de personnes, soit 20 % de la population dont 700 000 enfants, vivent sur les 18 000 km2 les plus contaminés. 485 villages ont été évacués dont 70 ont été rasés et enfouis sous une couche de terre.

 

Impact sanitaire

En 2006, 20 ans après la catastrophe, de nombreuses organisations internationales et des ONG ont tenté d’évaluer son impact sanitaire, environnemental et socio-économique. Ces études font apparaître d’importantes divergences, notamment en ce qui concerne le nombre de décès imputables à la radioactivité.

Le nombre de décès directement imputables à la radioactivité varie entre 9 000, selon le rapport élaboré en 2006 par plusieurs agences de l’ONU sous la houlette de l’AIEA, et 90 000 selon Greenpeace.
Quatre types de population ont été les plus touchés par les retombées radioactives :

Les sauveteurs ou « liquidateurs » , les 350 000 personnes évacuées , les résidents de zones moins contaminées (5 à 7 millions de personnes), les enfants de ces trois groupes : entre 1992 et 2002, plus de 4000 cas de cancers de la thyroïde ont été diagnostiqués chez les enfants exposés. Le nombre de ces affections aurait ainsi été multiplié par cent chez les enfants du sud de la Biélorussie. L’incidence de ce type de cancers va se prolonger durant de nombreuses années (min 20 ans). Outre les autres types de cancers dont l’OMS estime qu’ils pourraient concerner 4 000 à 5 000 personnes supplémentaires, de nombreuses études signalent des pathologies non cancéreuses : maladies cardio-vasculaires, cataractes, notamment chez les enfants contaminés in utero, déficits du système immunitaire, anomalies chromosomiques, effets sur la reproduction, effets psychologiques.

 

Conséquences sur l’environnement

Au terme des dix jours d’incendie au cours desquels se sont produites l’essentiel des retombées radioactives, environ 200 000 km2 ont été fortement contaminés, Le niveau d’irradiation a certes baissé en vingt ans, mais dans certaines zones, il reste supérieur aux doses maximum admissibles.

 

Conséquences socio-économiques
Les dégâts directs et les coûts de réparation et de réhabilitation : construction d’un sarcophage en béton autour du réacteur endommagé, nettoyage du site, enfouissement des déchets et de la terre la plus contaminée, évacuation d’une ville de 50 000 habitants et construction d’une ville équivalente pour en reloger les habitants, relogement des habitants des centaines de villages évacués, surveillance de la radioactivité,  les dépenses indirectes : indemnités, soins aux victimes,  les pertes de production agricole, forestière et industrielle.

La Biélorussie évalue le coût total de la catastrophe sur 30 ans à 235 milliards de dollars. Elle y a consacré 22,3 % de son budget en 1991 et encore 6,1 % en 2002. Conséquence indirecte de la catastrophe, certains analystes estiment que la nécessité de mettre en place une véritable économie de guerre constitue l’une des causes de l’installation d’un pouvoir autoritaire en Biélorussie.

 

L’Ukraine, pour sa part, donne une fourchette de 175 à 200 milliards de dollars et allouait 25 % de son budget à Tchernobyl en 1991 (3,4 % aujourd’hui). Mais ces chiffres n’incluent pas la perte de vies humaines ni la perte de production des invalides (65 000 liquidateurs).

 

La Russie, quant à elle, n’a pas publié de comptes précis.

 

Cependant, les dépenses additionnées des trois pays excèdent certainement 500 milliards de dollars.
Le versement d’indemnités aux victimes représente la charge la plus lourde pour les trois pays. Sept millions de personnes reçoivent actuellement des allocations liées à Tchernobyl.
Cependant, la pression fiscale s’étant vite avérée insupportable pour des pays en transition qui connaissaient une chute de leur niveau de vie, les autorités ont omis de réévaluer les pensions d’invalidité et autres indemnités, si bien que les sommes reçues individuellement sont devenues relativement dérisoires.

 

Source : ladocumentationfrançaise.fr

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