Au printemps, durant quelques jours, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll a bloqué le transport par avion de marchandises, au grand dam des multinationales. Où l’on découvre que des produits frais font le tour de la planète, au gré de la mondialisation.
Sept mille tonnes de marchandises, appareils électroniques, articles de luxe, mais aussi des produits frais, sont chaque jour envoyés par les airs depuis l’Asie vers l’Europe. Pour avoir tout misé sur les avions-cargos trimballant ces marchandises d’un bout à l’autre de la planète en fonction des avantages fluctuants des délocalisations, des cours mondiaux et de l’exploitation de main-d’œuvre bon marché, des multinationales ont failli priver l’Europe de tomates cerises…
Depuis le début des années 2000, les importations de tomates extra-européennes ont augmentées de 435%, celles de petits pois de 432%, celles d’asperges de 316% et celles de haricots verts de 59%.
De grandes sociétés multinationales y trouvent leur profit. La Société des grands Domaines du Sénégal, filiale de la Compagnie fruitière, cultive intensivement tomates cerises et haricots verts sur 45 hectares de serres et 175 hectares de cultures de plein champ, au détriment des cultures vivrières. La Compagnie fruitière, contrôlée par Dole internationale, multinationale américaine et leader mondiale des fruits et légumes, se présente comme la « spécialiste des fruits et légumes de contre-saison ». Elle a implanté de grandes exploitations dans plusieurs pays africains.
Ce ne sont pas les exemples qui manquent, et ce commerce contribue à faire disparaître la notion de saison et à entretenir l’illusion que tomates, concombres et poivrons poussent toute l’année.
Cette situation de dépendance alimentaire artificielle pèse sur les prix, sur l’avenir de la planète et évidemment sur les paysans français sommés de s’adapter, de produire de plus en plus prématurément, alors qu’ils sont de plus en plus mal rétribués pour leur travail.
L’avertissement donné pendant une semaine par le volcan Eyjafjöll est une incitation de plus à la production et à la consommation locales.
Source : Campagnes solidaires n°253





Pour moi le soucis existe belle et bien mais ce qui est peu être pas assez souligné dans cette article, c’est qu’il vient principalement du consommateur.
Les consommateurs veulent des poivrons pas chère et toute l’année ? on leur propose d’acheter des poivrons pas chère et toute l’année. Si tout les consommateurs achèteraient du local, alors les super-marcher n’aurait que d’autre choix que de leur proposer du local.
Après, oui forcement y’en a qui en profite, mais on reste (encore) libre d’acheter les produits que l’on veut, à nous de faire les bon choix !
Tout à fait vrai Tht12 ! mais tant que l’on proposera aux gens des produits venus du monde entier et même moins chers que les locaux, le problème aura du mal à se résoudre. Cela a tendance à changer tout de même et les circuits cours se développent en France, et le bio progresse car les paysans sont payés au juste prix.