Areva exploite l’uranium au Niger depuis 1958, 3000 tonnes par an, presque la moitié de sa production mondiale (le reste provenant essentiellement du Canada et du Kazakstan). L’uranium nigérien alimente 1/3 des centrales nucléaires françaises.
En mai 2009, Anne Lauvergeon, patronne d’Areva, posait en grande pompe la première pierre de la future mine géante d’uranium d’Imouraren (2ème gisement mondial) à 1000 km de Niamey (capitale du Niger) en compagnie du Président de l’époque Mamadou Tandja (renversé depuis).
En juin 2008 déjà, quatre salariés du groupe nucléaire français étaient enlevés (puis relâchés quelques jours plus tard) par des insurgés réclamant de meilleures retombées économiques de l’exploitation minière pour les populations locales. Il faut dire que le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde, au dernier rang de l’indice de développement humain, qu’il souffre de pénuries d’eau…

Les associations écologistes accusent Areva d’assécher la région en captant l’eau des sous-sols, de manquer aux règles de sécurité sanitaire, les habitants des sites miniers d’Arlit et Akokam étant, selon eux, soumis à des radiations terriblement nocives.
Greenpeace (extraits):
Au mois de novembre 2009, Greenpeace, avec la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), ont pu effectué une étude scientifique succincte de la zone, mesurant la radioactivité de l’eau, de l’air et des sols à proximité des villes où opère Areva :
- un total de 270 milliards de litres d’eau ont été utilisés, asséchant les nappes phréatiques. Sur 4 des 5 échantillons d’eau prélevés dans la région d’Arlit la concentration d’uranium était supérieure à la norme recommandée par l’OMS.
- une mesure a révélé une concentration en radon dans l’air 3 à 7 fois supérieure aux niveaux habituels.
- dans les rues d’Akokam, le niveau des taux de radiation était environ 500 fois supérieur aux niveaux normaux de fond…

Suite aux publications, Areva a dû réagir : certains endroits radioactifs indiqués par Greenpeace dans un des villages miniers ont été nettoyés. Cependant ce « nettoyage limité » n’atténue en rien le besoin d’effectuer une étude exhaustive afin que toutes les zones soient sécurisées pour la population locale.
Greenpeace demande à ce qu’une étude indépendante soit réalisée autour des mines et des villes d’Arlit et d’Akokam, suivie d’un nettoyage et d’une décontamination complète.
Il y aurait encore beaucoup à dire, ce sera pour une autre fois. Affaire à suivre…




C’est gens sont affreux, des bandits. Ils devraient payer jusqu’au dernier sous le dommage qu’ils ont causé à l’environnement et aux gens.
Et malheureusement, ça ne sera pas le cas. En tout cas pas tout de suite :
Pour l’enlèvement récent des otages, et des 5 employés d’Areva en Afrique, très peu de médias, sinon aucun, ont fait le rapport entre ce que peut coûter aux populations ce genre d’exploitation et cet enlèvement…